Catalogne : le récit de la folle fuite en avant de Carles Puigdemont

 

 

L’ex-président catalan, démis par Madrid, mène campagne pour les élections du 21 décembre depuis son « exil » en Belgique.
Il a attendu que la nuit tombe, est sorti en secret, dans la voiture de sa femme, et a changé plusieurs fois de véhicule, sur la route de son « exil belge ». Lorsque Carles Puigdemont prend la route pour Marseille, tard dans la soirée du dimanche 29 octobre, il fait d’abord en sorte que les policiers qui protègent son domicile ne se doutent de rien. C’était il y a tout juste un mois, une éternité pour celui qui doit se présenter, lundi 4 décembre, au juge belge chargé de statuer sur son extradition vers l’Espagne.

Accompagné d’un Mosso d’Esquadra – un policier local – qui lui est resté fidèle, M. Puigdemont quitte ainsi sa terre natale de Gérone, la cité dont il fut le maire.

Dans la soirée du 27 octobre, deux jours avant son départ en catimini, l’ancien président de la Catalogne a été destitué par Madrid, ainsi que tout son gouvernement, en réponse à l’indépendance de la « République catalane » votée au Parlement régional.

L’« exil » de Carles Puigdemont est d’abord une fuite : il sait que la justice espagnole ne va pas tarder à le convoquer, et probablement l’inculper. Le procureur général de l’Etat n’a cessé de le mettre en garde, par voie de presse, ces dernières semaines : en cas de déclaration unilatérale d’indépendance, sa plainte pour « rébellion » est prête. Un crime passible de trente ans de prison.

M. Puigdemont n’est pas seul. Un groupe de ministres régionaux destitués le suit dans une autre voiture. Arrivés à Marseille, ils prennent sans tarder un vol pour Bruxelles. L’idée d’un « gouvernement parallèle en exil » a certes été lancée plusieurs semaines auparavant, et son implantation au cœur de l’Union européenne (UE) a été envisagée, mais tout s’est précipité en quelques heures.

« Mouvement de panique »

« Chacun a eu le choix de prendre la décision personnelle de partir ou non », explique un proche de M. Puigdemont. « Ils avaient parlé de la possibilité de s’exiler, mais le jour J, ce fut…

Source : lemonde.fr

Comments

comments

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *