Dictature en Argentine: prison à perpétuité pour les «vols de mort» de l’Esma

 

 

En Argentine, le plus important procès des violations des droits de l’homme sous la dictature des années 70 a pris fin ce mercredi. 54 anciens militaires étaient jugés pour des crimes commis contre 789 personnes à l’Esma, l’École de mécanique de la marine, le plus grand centre de détention clandestin de la dictature. 29 prévenus ont été condamnés à perpétuité et 19 à de lourdes peines de prison. Notre correspondant a partagé l’écoute du verdict avec des proches des victimes.

avec notre correspondant à Buenos Aires,Jean-Louis Buchet

Paula Donadío, fille d’une rescapée de l’Esma, a perdu quatre de ses oncles dans ce centre de détention. Après le verdict, elle souligne l’exemplarité du procès. «Ce procès a été très important. D’abord, parce qu’il a montré le caractère systématique des enlèvements et des disparitions. Ensuite, parce que c’est la première fois qu’on a pu juger les vols de la mort. C’était un des mécanismes utilisés par les bourreaux pour se débarrasser des corps des détenus qui deviendraient ensuite des disparus ».

Dora Loria pense à sa cousine, disparue dans un vol de la mort. Elle salue la décision des juges. «Justice, enfin, une vraie justice. Et perpétuité pour les bourreaux ! Ma seule cousine, fille unique de mes oncles, a été détenue à l’Esma, et éliminée dans un vol de la mort. Elle avait dix-huit ans ».

Les audiences du procès des «vols de la mort», prisonniers jetés vivants et drogués d’avion dans les eaux boueuses du Rio de la Plata, se sont ouvertes en novembre 2012, à Buenos Aires. Les accusés, d’anciens gradés de l’armée, des pilotes, devaient rendre des comptes sur le sort de plus de 780 disparus sur les 30 000 de la dictature argentine.

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