Monday, September 28

2,5 milliards pour la rentrée scolaire : le RHAJAC exige des comptes sur la destination des fonds

Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) demande à l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) d’ouvrir une enquête sur l’utilisation de 2,5 milliards de gourdes annoncés pour soutenir 140 000 parents vulnérables à l’occasion de la rentrée scolaire 2026. L’organisation soulève notamment une différence de 400 millions de gourdes entre l’enveloppe annoncée et le montant nécessaire pour verser 15 000 gourdes à chacun des bénéficiaires ciblés.

Port-au-Prince, 27 septembre 2026 .-Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) demande à l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) d’enquêter sur l’utilisation de 2,5 milliards de gourdes destinés à soutenir 140 000 parents vulnérables dans le cadre de la rentrée scolaire 2026.Dans une note de presse publiée à Pétion-Ville le 27 septembre, le RHAJAC affirme que le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) et le Fonds d’assistance économique et sociale (FAES) avaient conclu, le 18 août, un protocole d’accord portant sur cette enveloppe.Selon les informations communiquées par le RHAJAC, chaque parent ciblé devait recevoir 15 000 gourdes, par paiement mobile via NatCash et MonCash.

Le programme devait concerner notamment des parents dont les enfants fréquentent des écoles nationales, communautaires, communales et presbytérales situées dans des zones défavorisées.Le RHAJAC relève toutefois une différence entre le montant annoncé et le coût mathématique des allocations prévues.À raison de 15 000 gourdes pour chacun des 140 000 bénéficiaires, le montant nécessaire s’élève à 2,1 milliards de gourdes.140 000 × 15 000 = 2 100 000 000 gourdesL’enveloppe annoncée étant de 2,5 milliards de gourdes, le RHAJAC estime qu’une différence de 400 millions de gourdes doit être expliquée et documentée.

L’organisation demande donc à l’ULCC de vérifier le circuit financier de l’opération, depuis le décaissement des fonds jusqu’à leur utilisation effective.Le RHAJAC souhaite notamment que l’enquête permette de déterminer le montant effectivement décaissé et reçu par le FAES, le nombre de bénéficiaires identifiés à travers le SIGE et effectivement payés, ainsi que le montant réellement distribué.

L’organisation demande également que soient vérifiés le solde disponible, la destination des 400 millions de gourdes correspondant à l’écart entre l’enveloppe annoncée et les allocations prévues, les opérateurs chargés des transferts et les frais liés à l’opération.Le mécanisme de sélection et de paiement des bénéficiaires devrait aussi être examiné afin de détecter d’éventuels doublons, bénéficiaires fictifs ou manipulations de listes, selon le RHAJAC.

Dans sa note, le réseau affirme que plusieurs semaines après l’annonce du programme et le début de l’année scolaire, des parents disent, notamment dans les médias, sur les réseaux sociaux et dans les rues, ne pas avoir reçu les 15 000 gourdes annoncées.Le RHAJAC rapporte également des accusations formulées par des sources anonymes au sein du MENFP, qui mettent en cause le ministre Vijonet Déméro et le directeur général du FAES, Kesner Romilus.

Ces accusations n’établissent pas, à elles seules, l’existence d’un détournement. Elles nécessitent des vérifications indépendantes et documentées. Le RHAJAC demande précisément l’ouverture d’une enquête afin de faire la lumière sur la gestion des fonds.

Le RHAJAC demande au MENFP et au FAES de rendre public un bilan chiffré de l’opération, tout en préservant les données personnelles des parents et des élèves.L’organisation affirme vouloir continuer à suivre le dossier et à demander des comptes sur l’utilisation des fonds publics.

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