
Le 14 novembre, le Conseil Électoral Provisoire a remis à l’exécutif un calendrier électoral que beaucoup qualifient déjà de cosmétique. Derrière cette annonce officielle, le CEP lui-même admet que rien n’est réellement prêt : pas de décret publié, pas de financement garanti, et surtout aucune sécurité permettant d’imaginer un vote libre et accessible. Autrement dit, l’institution a présenté un calendrier dont elle sait pertinemment qu’il ne pourra pas être respecté.
Ce geste, loin d’être une avancée, met en lumière la profonde incapacité de l’État haïtien à organiser ses propres élections. Comment prétendre convoquer la population aux urnes alors que les gangs contrôlent routes, quartiers et institutions, et que la police ne parvient plus à assurer l’ordre minimal ? Le CEP se réfugie derrière des “préalables”, mais ces conditions sont justement celles que le gouvernement échoue à remplir depuis des années.
Depuis l’assassinat de Jovenel Moïse, la gouvernance s’est effondrée et la transition glisse d’échéance en échéance sans aucun horizon clair. En réalité, ce calendrier ressemble davantage à une manœuvre politique destinée à donner l’illusion d’un processus démocratique, alors que le pays n’a ni la stabilité, ni les moyens, ni la volonté politique nécessaires pour retourner aux urnes dans un avenir proche.
